Diabète de type 1 : où en est la recherche ?
La recherche concernant le diabète de type 1 offre des perspectives d'avenir encourageantes.
LE PANCRÉAS ARTIFICIEL
Des pancréas artificiels existent depuis 1980. Ces grosses machines comprennent :
· Une analyse de la glycémie par électrode à glucose ;
· Un logiciel capable d'intégrer les valeurs de glycémie et de programmer une quantité d'insuline en
fonction des algorithmes physiologiques ;
· Une pompe à perfusion d'insuline.
Ce type d'appareil très cher au départ, environ 100 000 euros, était utilisé en milieu hospitalier pour la recherche.
Il existe actuellement sur le marché un seul pancréas artificiel miniaturisé etun deuxième devrait voir le jour bientôt.
LES GREFFES DE PANCRÉAS
Le développement depuis 1984 des traitements immunosuppresseurs (ciclosporine, sérum anti-lymphocytaire) a relancé la recherche sur la transplantation pancréatique.
LES GREFFES D'ÎLOTS DE LANGERHANS
Les difficultés de conservation du pancréas, actuellement limitée à 6 heures après le prélèvement, et le recueil d'organe posent de véritables limites à la greffe de pancréas. Les greffes d'îlots de Langerhans consistent à isoler et purifier les îlots de tissu endocrine. On les implante alors dans un site de l'organisme où l'insuline est délivrée par voie portale (foie et cavité péritonéale).
Tous les diabétiques insulinodépendants estiment que la piqûre d'insuline bi ou tri-quotidienne est fastidieuse. C'est pourquoi d'autres modes d'administration de l'insuline sont à l'étude. Le problème majeur reste celui de l'absorption. En effet, l'insuline se dégrade dans l'estomac et le duodénum. Il est dès lors nécessaire de trouver un mode d'absorption :
· Soit en dehors : la muqueuse nasale ;
· Soit au delà : la muqueuse intestinale ou rectale.
Pour ces sites d'absorption possibles, plusieurs difficultés sont non résolues :
· Pour la voie orale, certains auteurs ont proposé de protéger l'insuline des sucs gastriques en
l'encapsulant dans des liposomes ou en l'associant à un surfactant dans une capsule de gélatine
entourée d'un polymère acrylique ;
· Pour la voie rectale, la biodisponibilité est encore très insuffisante car un dosage précis est indispensable ;
· Pour la voie nasale, des progrès sont en cours mais le risque d'irritation nasale n'est pas encore résolu ;
· La voix pulmonaire, par inhalation, est beaucoup plus prometteuse et son efficacité est démontrée.
Il s'agit là d'espoirs thérapeutiques quant à l'acceptabilité du traitement du diabète insulinodépendant.
LE LECTEUR DE GLYCÉMIE SANS PIQÛRE
Plus besoin de piqûres au bout du doigt pour déterminer les doses d'insuline à injecter ! C'est la grande avancée que permet le lecteur de glycémie sans piqûre FreeStyle Libre. Le système utilise un filament fixé sur un capteur sur la peau à l’arrière du bras pour relever en continu le taux de glucose. Un boîtier passé au-dessus du capteur "scanne" les mesures. Un an après sa prise en charge par l’Assurance maladie (en juin 2017), ce nouveau système pourrait être utilisé par plusieurs centaines de milliers de patients sous insuline.
Comment surveiller son diabète de type 1 ?
SURVEILLANCE MÉDICALE
Le médecin demande périodiquement des examens qui le renseignent sur :
· L'équilibre métabolique du diabète ;
· L'existence de troubles associés présentant un risque d'aggravation du risque vasculaire ;
· L'existence, la gravité et l'évolutivité des complications dégénératives.
La surveillance de la tension artérielle est fondamentale. Toute élévation des chiffres (TA supérieure à 140/80 par exemple) signifie un risque accru de souffrances oculaires et rénales. Sa constatation conduit le médecin à prescrire des mesures hygiéno-diététiques (telles que la correction du poids et la suppression de l'alcool) et des médicaments antihypertenseurs (inhibiteurs de l'enzyme de conversion).
Des marqueurs biologiques de l'équilibre métabolique sont disponibles :
· L'hémoglobine glyquée (HbA1C) renseigne sur l'équilibre glycémique au cours des 120 derniers
jours. C'est l'examen de référence. Le résultat normal est inférieur à 6 % d'hémoglobine A1C. En
cas de traitement insuffisant, le résultat est supérieur à 7,5% et peut aller jusqu'à 12% ;
· La fructosamine renseigne sur l'équilibre glycémique au cours des deux semaines précédentes.
Le bilan lipidique fait partie intégrante de la surveillance du diabétique :
· Le diabète mal équilibré favorise l'hyperlipidémie (cholestérol et triglycérides) ;
· L'hypercholestérolémie est un facteur de risque vasculaire dont les effets se conjuguent à ceux de
l'hyperglycémie et de l'hypertension artérielle pour favoriser l'apparition de maladies
· Toute réduction du taux de cholestérol sanguin entraîne une diminution de la morbidité vasculaire
et même la régression des plaques d'athérome ;
· Le cholestérol total doit être inférieur à 2 g/l (surtout le LDL-Cholestérol ). Si sa valeur est
légèrement supétieure au seuil (entre 2 et 2,60 g/l), le risque athérogène est mieux apprécié par le
dosage de l'apolipoprotéine B que par le dosage de l'HDL-cholestérol. Toute hyperlipidémie doit
être traitée par médicaments hypolipémiant et grâce aux conseils alimentaires.
L'albumine, premier signe de néphropathie diabétique
La recherche de traces d'albumine (microalbuminurie) est essentielle car la mise en évidence de ce dernier témoigne d'un risque évolutif certain. Non seulement la microalbuminurie représente le premier signe de la néphropathie diabétique (atteinte rénale) mais la mortalité cardiovasculaire est aussi très augmentée en cas de protéinurie. La microalbuminurie témoigne d'une élimination urinaire d'albumine comprise entre 20 et 200 µg/ml. Elle est alors insuffisante pour positiver une bandelette Albustix, mais témoigne toutefois d'une hyperfiltration glomérulaire pathologique. Cette anomalie est réversible avec l'amélioration de l'équilibre glycémique.
On peut résumer ainsi la surveillance :
· Tous les 3 mois, prise de la tension artérielle, glycémie, hémoglobine glyquée ou fructosamine,
cholestérol total, triglycérides (apolipoprotéine B ou HDL-cholestérol), microalbuminurie et
uroculture ;
· Tous les ans, électrocardiogramme, radiographie du thorax, examen ophtalmologique ;
· A intervalle espacé et selon les besoins, angiofluorographie rétinienne, électrocardiogramme
d'effort, scintigraphie du myocarde, Doppler des membres inférieurs et écho Doppler des carotides,
etc.
SURVEILLANCE PAR LE PATIENT
Le meilleur surveillant du diabète est le patient lui-même. Lui seul peut adapter son traitement au jour le jour. La surveillance repose sur des contrôles de glycémie sur sang capillaire. Les recherches de sucre et d'acétone dans les urines présentent aussi leur intérêt car ces paramètres renseignent sur la fonte des lipides (lipolyse) et donc sur le risque d'acidocétose (acétonurie) en cas d'hyperglycémie sévère supérieur à 3g/l. L'autosurveillance de la glycémie est la méthode idéale grâce aux progrès récents : auto-piqueurs, bandelettes, lecteurs électroniques.
Les stylos auto-piqueurs
Ils permettent, avec une douleur très atténuée, l'obtention d'une goutte. Le patient se pique le majeur, l'annulaire et l'auriculaire, de préférence au niveau des faces latérales peu innervées. Un prélèvement au lobe de l'oreille est également possible. La goutte se sang est ensuite déposée sur une bandelette ou une électrode. Ces derniers permettent de déterminer la glycémie à partir de la couleur de la bandelette ou d'après le courant produit par l'électrode. Les stylos autopiqueurs sont remboursés au tarif interministériel des prestations sanitaires (TIPS).
À noter : le nombre de contrôles quotidiens est à déterminer en fonction du nombre d'injections d'insuline et des objectifs glycémiques. Le contrôle des glycémies avant le repas est le plus important. Le contrôle postprandial (après les repas) permet de réguler l'insuline rapide administrée avant les repas.
Bilan : le patient doit être capable, à partir des taux de glycémie capillaire, de modifier les doses d'insuline qu'il doit s'injecter. Il doit analyser l'évolution des glycémies sur un créneau horaire de la veille pour déterminer la dose d'insuline à injecter le jour même. Il doit néanmoins tenir compte de la glycémie au moment de l'injection pour moduler un peu la dose prévue. Cette éducation fait partie du rôle de l'équipe médicale.
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Révision médicale effectuée par le Dr Jesus Cardenas
Mis à jour le 15 octobre 2018
Sources :
· Article "Diabète de type 1", Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm)
· Dossier "Diabète de type 1 chez l'adulte", Haute Autorité de santé (HAS) (accessible en ligne)
· Article "Qu'est-ce que le diabète ?", Fédération française des diabétiques (accessible en ligne)
· Article "Le diabète de type 1", Diabète Québec (accessible en ligne)
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Diabète



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